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 Sortez vos mouchoirs..
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ptiroutier68
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MessageSujet: Sortez vos mouchoirs..   Lun 9 Juin 2008 - 21:08





Je me permets une petite contribution ...

Bon c'est sûr qui n'a rien à voir avec celles d'Eiffel65 et de Trolbear.

Mais toutes aussi belles, mais d'un autre genre..... Préparez vos mouchoirs.....


Texte de Jacques Hourdeaux



    Mon âme de routier resurgit de temps en temps lorsque j'écoute ceci et j'avais envie de vous faire partager ce petit moment,
    certain(e)s d'entre vous les ont surement déjà entendues, mais pour ma part cela me donne toujours encore de gros frissons Sad .......:





( 1977 )

    Le petit garçon et le routier

    Je ne crois pas qu'on se connaisse, vous et moi.
    Mais je suis à peu près certains qu'on a bien du se rencontrer.
    Quelque part sur la route, dans un pays quelconque,
    Vous au volant de votre voiture,
    Moi dans la cabine de mon semi-remorque.
    Oui je suis routier, routier international.
    J'aime l'aventure et j'ai roulé ma bosse au quatre coins du monde.
    J'en ai passé des frontières,
    Et bouffé des kilomètres de poussières, de boue ou de neige

    À cette époque-là, je faisais la ligne sur les routes de Californie.
    C'est là que m'est arrivée cette étrange histoire.
    Je venais de loin, je conduisais depuis trop longtemps,
    Et la fatigue commençait de se faire sentir.
    J'hésitais à réveiller le copain qui dormait dans la couchette,
    Pour me tenir compagnie, j'avais branché le radio-téléphone de bord,
    Le mobilophone comme on l'appelle aux États-Unis.
    C'est un appareil qui nous permet, à nous autres les routiers,
    De garder le contact et de nous entraider en cas de coup dur.

    Je venais à peine d'enclencher le canal 27 de la CBR,
    Qui est notre fréquence habituelle,
    Lorsque j'entendis, à travers la friture des ondes courtes,
    Une petite voix lointaine qui parlait.
    Une petite voix d'enfant qui appelait.
    - Allô, Allô, les routiers, ici Teddy, Teddy Bear, m'entendez-vous ?
    Ici Teddy, répondez-moi.
    Je basculai l'inverseur sur émission et questionnai à mon tour.
    - Allô, Allô Teddy, ici la route. D'où appelles-tu ? Que veux-tu ?
    La voix du gamin répondit, un peu plus proche.
    - Ici Teddy, j'appelle les routiers.
    - Je t'entends, Teddy. Que veux-tu ?

    - Je suis tout seul, je m'ennuie,
    Et je voudrais parler un peu avec vous.
    Je vous appelle avec le radio-téléphone de mon papa.
    Cet été nous avons eu un très grave accident,
    Et je suis toujours dans mon lit.
    Le docteur dit que je pourrais remarcher un jour,
    Mais que ce sera sûrement très long.
    J'habite une maison tout près de l'autoroute.
    Je suis souvent seul le soir,
    Car maman est serveuse dans un hôtel, pour nous faire vivre.
    J'ai perdu mon papa dans l'accident qui a détruit son camion,
    Et qui m'a cloué au lit.
    Il m'emmenait de temps en temps pour des petites courses.
    Et maintenant il ne vient plus jamais de routiers par ici.
    Alors j'essaye de vous accrocher avec le radio-téléphone qui nous reste,
    Pour vous parler un petit peu, quand vous passez sur l'autoroute.

    Je ne suis pas une fillette, mais il me sembla soudain
    Que mes yeux se brouillaient, que j'y voyais moins bien.
    J'arrêtais le moteur au premier embranchement venu,
    Et je sortis ma carte.
    - Dis-moi, Teddy, où habites-tu exactement ?
    Le petit me situa sa maison.
    J'avais de l'avance sur l'horaire, je remis en marche
    Et je sortis de l'autoroute.
    Bien que j'aie foncé pour arriver chez lui,
    Je n'étais pourtant pas le premier.
    Bon sang, six énormes bahuts m'y attendaient.
    Six copains avaient entendu notre conversation
    Et m'avaient devancé, d'autres arrivaient encore.
    Je réveillais mon coéquipier qui n'en croyait pas ses yeux.
    On est tous entré, on a sorti Teddy de son petit lit,
    Et se fut vraiment la fête
    Chacun voulait le porter, l'asseoir derrière son volant, le cajoler.
    Le gosse rayonnait.
    On lui donna un tas de bricoles qu'on avait dans nos cabines,
    Et puis il fallut bien penser à repartir.

    Je le remis dans son lit, après l'avoir embrassé une dernière fois.
    Je grimpais sur mon siége et je tirais le démarreur.
    J'ai vu plus d'un dur qui détournaient la tête.
    On lui promit que chaque fois que l'on passerait sur l'autoroute,
    On klaxonnerait d'une certaine manière afin qu'il nous entende.
    On se quitta enfin

    Je n'avais pas fait trois kilomètres que le mobilophone crépitait à nouveau.
    C'était une autre voix, une voix émue de femme et elle disait :
    - Allô les routiers, ici la maman de Teddy,
    Merci les gars, vous êtes, vous êtes de braves types.
    Bonne route et que Dieu vous protége.
    Je n'ai pas pu répondre un seul mot,
    J'ai coupé le radio-téléphone et alors seulement j'ai chialé,
    Oui. Chialé comme un vrai môme.





Pour cette vidéo, vous retrouverez la même chanson que la 2eme partie de la 1ere vidéo,
Sauf que ce n'est pas le même interprète...

    Teddy, le chien et les routiers (1979)

    Du temps a passé, depuis le jour où sur mon C.B.
    Le radio téléphone de bord de mon camion
    J'avais capté le message de Teddy
    Un petit garçon handicapé
    Nous étions dev'nus de vrais amis, lui et moi
    Sitôt qu'j'avais un peu de liberté, je m'arrangeais pour venir le voir
    Et lui apporter quelques douceurs
    Il me parlait souvent de la première visite qu'on lui avait faite
    Et des mille petites choses qu'on lui avait données
    Pourtant, je sentais bien que ces visites trop rares
    Ne suffisaient pas à lui redonner le moral nécessaire, pour guérir
    Il fallait pour Teddy, un autre compagnon
    Qui soit près de lui, plus souvent
    Ce compagnon, le hasard allait le placer sur mon chemin…

    C'était l'époque où toute une population se jette
    Pêle-mêle sur les routes
    Ça s'appelle les vacances
    Et ça ne souffre aucune entrave
    On sacrifie tout à la folie du départ
    On plaque tout, et on s'en va
    Nous les routiers, pendant 48 heures
    On s'arrête et on laisse passer le flot

    J'avais donc rejoint mon port d'attache
    En attendant la fin de cet exode
    Et pour tuer un peu le temps
    J'allai marcher dans la campagne
    C'est là que j'ai trouvé "Patapoil"
    C'était un pauvre petit chien, tout affolé
    Un corniaud que des salauds avaient attaché à un arbre
    avec du fil de fer

    On d'vinait l'histoire
    La voiture bondée et le petit animal
    Qui avait voulu à tout prix
    Etre lui aussi d'la fête
    On l'avait rejeté une fois, deux fois
    Et puis devant son entêtement
    On l'avait amené, pour l'abandonner
    Lâchement quelques kilomètres plus loin
    Dans le premier bois venu

    Il s'était débattu, s'entortillant dans le fil
    Au point de s'entamer profondément les pattes
    Il avait crié, crié, appelant au secours
    Ceux qui déjà, l'avaient oublié
    Couché sur le flanc, ce n'était plus qu'une pauvre petite boule de poil
    Sanglante et meurtrie
    C'est pour ça que j'l'appelai "Patapoil"

    Je m'approchai de la bête
    Et lentement, avec précaution
    J'arrivai à la délivrer de ses liens
    D'abord elle me mordit
    Et puis elle me lécha les mains avec reconnaissance
    Je la ramenai au camion
    La soignai de mon mieux
    Et c'est là, en voyant ce petit chien boitiller sur trois pattes
    Que j'associai Teddy à cet incident
    Ce fut comme un déclic
    Il était là le compagnon de tous les jours, de toutes les heures
    Blessé comme lui, solitaire comme lui
    Ils uniraient leurs deux malheurs
    Et s'aideraient l'un et l'autre à guérir

    J'enclenchai le radio téléphone et j'appelai
    "Allo, allo Teddy Bear ? J'appelle Teddy Bear…
    Allo Teddy c'est toi? ici ton ami, le routier,
    Ecoute Teddy je viendrai te voir demain
    Non non je n'peux rien te dire, c'est une surprise
    Bonsoir Teddy, à demain "

    Dans la soirée, je passai un appel général aux copains
    J'en accrochai trois ou quatre
    Je leur expliquai l'affaire, ils me promirent tous
    D'être là
    J'installai le petit animal sur un tas de vieux chiffons
    Je grimpai dans ma couchette et je m'endormis
    Heureux

    Le lendemain, on a pris le bahut
    Et on a filé chez Teddy, les copains et moi
    Tous des gars terribles
    Ils s'étaient débrouillés dans la nuit
    pour faire quelque chose pour le gosse
    Sponky avait construit une niche, avec des planches
    Un autre avait tressé un collier et une laisse
    Pour que Teddy puisse emmener Patapoil en promenade
    Quand il remarcherait
    Un autre qu'on appelle le "cochon à roulette"
    (parce qu'il conduit le camion frigo d'une charcuterie industrielle)
    Avait voulu apporter de la viande pour toute une ménagerie

    Quand on a poussé la porte de la petite maison
    J'ai cru un instant que Teddy allait sauter de son lit
    Et marcher, il battait des mains
    On l'a assis dans son fauteuil
    Et on a posé Patapoil sur ses genoux inertes
    Il l'a serré, serré contre son cœur
    Ils mêlaient leurs larmes de joie

    J'ai vu tout de suite que c'était gagné
    Que ça collerait bien tous les deux
    Ah on a passé une fameuse journée
    Et quand il a fallu repartir
    Tous, même le vieux Ben qui va bientôt lâcher le volant
    On avait vraiment l'impression d'avoir sept ans

    Comme la première fois,
    le CB nous a rappelé quelques kilomètres plus loin.
    D'abord on n'a rien entendu
    et puis, en prêtant bien l'oreille
    on a perçu de petits aboiements
    auxquels se mêlaient de gros sanglots d'enfant.
    C'était Teddy et il nous a dit:
    "Merci, merci à vous les copains
    vous avez été formidables.
    Vous m'avez donné la plus grande joie de ma vie
    même si je ne dois plus remarcher, jamais."
    On n'a plus osé se regarder nous autres.
    On s'est quitté bêtement sans savoir quoi dire.
    On venait de prendre vite fait,
    un sacré coup de vieux


    Si vous avez l'occasion de trouver les chansons de Jacques Hourdeaux...n'hésitez surtout pas à vous les procurer !!




    A + Pat


Dernière édition par ptiroutier68 le Lun 9 Juin 2008 - 21:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sortez vos mouchoirs..   Lun 9 Juin 2008 - 21:24

woof rien à dire, c'est emouvant
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