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 [SRI LANKA] - Le Sri Lanka et le combat des Tigres Tamouls
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MessageSujet: [SRI LANKA] - Le Sri Lanka et le combat des Tigres Tamouls    Mar 22 Fév 2011 - 20:14

Le Sri Lanka et le combat des Tigres Tamouls



Comment parler du Sri Lanka sans faire référence au terrible conflit qui a durée 27 ans



Depuis plusieurs années, le Sri Lanka est aux prises avec un conflit sanglant opposant le gouvernement de la majorité cinghalaise bouddhiste, environ 70% de la population, et la minorité tamoule hindoue qui regroupe environ 15% de la population de l’île. Ce conflit oppose l’armée à une guérilla nommée LTTE (Liberation Tigers of Tamil Eelam). Cette dernière, a comme objectif premier l’indépendance nationale des Tamouls dans la création d’un état indépendant dans la partie nord-est du Sri Lanka. Ce conflit, qui repose sur des bases nationalistes, une idéologie commune à plusieurs guérilla du XXe siècle, perdure depuis déjà 22 ans. En effet, depuis leurs premières actions contre la police et l’armée, le LTTE est devenu une organisation puissante qui a toujours tenu le gouvernement de l’île sur leurs talons et même a créé un contre-état fantôme dans le nord-est de l’île. Aussi le LTTE n’est pas une guérilla comme les autres elle a une forme un peu différente des guérillas classiques.

Sri Lanka véritable mosaïque culturelle

Premièrement, le Sri Lanka est une véritable mosaïque ethnique et religieuse. Lorsque les Portugais arrivent en 1505, ils introduisent avec eux le catholicisme dans l’île qu’ils nomment Ceylan. En 1538 les Hollandais s’emparent de l’île et y introduisent le calvinisme et ensuite les Anglais s’en emparent à leur tour en 1797, Ceylan devenant officiellement une colonie anglaise en 1802. En plus des 73% de Cinghalais en majorité bouddhiste et des 18% de Tamouls en majorité hindous, il y a 5% de Cinghalais et de Tamouls qui sont de confession chrétienne. Vient se rajouter à cela 7% de Moors, descendants de marins musulmans arabes arrivés entre le VIIIe et le Xe siècles et de Tamouls islamisés. Cette minorité parle un tamoul arabisé. Finalement il y 1% de la population qui fait partie de la minorité Burghers, métis descendants des européens et les Veddas, aborigènes du Sri Lanka.

Les origines du conflit

Tout d’abord, Ceylan devient indépendante en 1948, après 150 ans de présence britannique qui laisse à Ceylan un régime parlementaire laïque dominé par deux partis, l’UNP et le SLFP composés en majorité de Cinghalais. Les Cinghalais bouddhistes, se sentent minoritaires car ils sont entourés d’hindous d’abord, les Tamouls du Sri Lanka, et ils s’inquiètent de la proximité de l’Inde qui n’est séparée que par la trentaine de kilomètres du détroit de Palk. Les Cinghalais prennent donc des mesures chauvines et votent au parlement dès 1948 une première constitution qui fait du cinghalais la langue officielle du pays. Au fil des ans les Cinghalais opèrent une “ détamoulisation ” de la fonction publique qui par exemple, fait passer le pourcentage de Tamouls dans l’armée de 40% en 1956 à 1% en 1970. En même temps les Cinghalais s’approprient les postes importants de la société. En 1972 une nouvelle constitution fait de l’État le promoteur et le protecteur du bouddhisme. L’État maintient les zones tamoules dans le sous-développement économique et va même jusqu’à implanter des colons en zones traditionnellement tamoules.

L’apparition des Tigres

le drapeau des Tigres



Nécessairement, les mesures adoptées par les Cinghalais bouddhistes aux dépens de la minorité tamoule a entraîné une radicalisation de celle-ci et dès le début des années 70 certains représentants et intellectuels commencèrent à promouvoir des idées indépendantistes et rapidement les vieux partis autonomistes plus modérés disparurent pour faire place aux partis plus radicaux. Toutefois, très rapidement, d’autres organisations apparurent avec l’idée d’une indépendance faite par les armes. C’est ainsi qu’apparut en 1972 une organisation connue sous le nom de TNT (Tamil New Tigers) fondée par un jeune fils de pêcheur âgé de 18 ans nommé Velupillai Prabhakaran. Ce dernier deviendra en 1983 chef suprême du LTTE ou Tigres Libérateurs de l’Eelam Tamoul, nouvelle appellation du TNT depuis 1976. Cette organisation qui, à la base suivait la doctrine marxiste, a rapidement changé pour adopter une idéologie beaucoup plus nationaliste et a comme principal objectif la formation d’un état indépendant Tamoul dans la parti nord-est de l’île.

Prabhkaran est un leader qui a instauré une structure rigide et totalitaire au mouvement “ selon le schéma marxiste-léniniste classique avec au sommet un comité central et un “ politburo ” et à la base des comités populaires encadrés par des commissaires politiques chargés de la propagande. ”1 Le LTTE fut la première organisation à dénoncer les partis politiques tamouls modérés et à revendiquer l’action radicale armée dans le but d’obtenir l’indépendance mais elle fut rapidement suivie par d’autres organisations comme le TELO, le PLOTE, l’EPRLF et l’ÉROS pour la plupart tous des mouvements marxistes et souvent fondés par des anciens Tigres ayant quitté le mouvement en désaccord avec les politiques appliquées. Le LTTE fait son premier gros coup en 1983 en tuant une douzaine de soldats de l’armée lors d’une embuscade et c’est à partir de ce moment là que la guerre civile éclata pour de bon dans l’île. Rapidement, les Tigres vont gagner une réputation d’invincibilité militaire et réussiront à contrôler tout le nord-est de l’île. Grâce à leur armement puissant il mène deux guerres. La première dans le nord où la population est à 95% tamoule, est une véritable guerre de position classique avec artillerie, blindés et même des combats en mer, car les Tigres disposent d’une flotte importante d’embarcations rapides. La deuxième guerre, est menée dans la jungle de l’est où ils mènent une guerre de guérilla classique de harcèlement et de “ coup de main ”. Le LTTE a pu maintenir sa puissance militaire pendant toutes ces années grâce à des alliés pro-révolutionnaire comme la Libye, la Corée du Nord et aussi l’aide des Palestiniens. Aussi grâce à la proximité de l’Inde, plus particulièrement l’État de Tamil Nadu où ils peuvent se replier en cas de besoin et obtenir de l’aide des autorités locales et enfin le LTTE comme les autres guérillas tamouls ont pu se financer par des activités criminelles comme le trafic de drogue.

Déclin du LTTE

Après s’être gagnés la réputation d’invincibilité pendant les années 80, les Tigres réussissant à détruire les guérillas concurrentes et à repousser l’Armé Indienne de maintien de la paix (IPKF) de 1987 à 1990 suite à un accord Indo-Sri-Lankais, le LTTE a commencé à perdre de son prestige au début des années 90, les dissidences dans le mouvement commençant à se faire sentir et la perte de l’appui du Tamil Nadu après l’accord Indo-Sri-Lankais, ainsi qu’une meilleure stratégie de l’armée Sri-Lankaise ont été des coups dur pour les Tigres. Aussi, le LTTE a perdu l’opinion internationale qui lui était favorable à la suite d’un début de nettoyage ethnique. Aussi, les attentats suicides commis par les Black Tigers, constitués en majorité de jeunes filles pour des raisons de détection, et l’utilisation d’escadrons d’enfants pour lutter contre l’armée n’ont pas aidé la cause des Tigres. Il y a eu aussi plusieurs purges effectués à l’intérieur du LTTE.
L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes des États-Unis d'Amérique[3], de l'Union européenne[4], du Royaume-Uni[5], de l'Inde[6].





Zone revendiquée (en vert) par les Tigres tamouls et territoire contrôlé de fait (limites approximatives en jaune) au moment du lancement de l'offensive gouvernementale de 2008-2009[



Combats de 2009



Défilé d'une unité féminine des Tigres Tamouls en 2002.




En 2009, les forces du LTTE ont été acculées par l'armée gouvernementale et ont perdu toutes les villes qu'elles contrôlaient. Entre 15 000 et 20 000 civils étaient encerclés dans la zone de combat selon les autorités locales, jusqu'à 50 000 selon l'ONU[14] ; après avoir perdu leur accès à la mer le 16 mai[15] (accès vital pour l'approvisionnement), ils annoncent qu'ils cessent le combat et déposent les armes le 17 mai 2009. Le 18 mai 2009, Velupillai Prabhakaran, dirigeant historique de l'organisation, est donné comme mort, probablement tué dans une embuscade de l'armée sri-lankaise, alors qu'il tentait de s'enfuir de la zone de combats[16]. Sont également retrouvés les cadavres de plusieurs hauts responsables de la rébellion.
C’est la fin de vingt sept ans de conflit qui a fait entre 70 000 et 100 000 morts
Velupillai Prabhakaran
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