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 Anba Macaya : une épopée spéléo à Port-à-Piment - Haïti
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willy80
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MessageSujet: Anba Macaya : une épopée spéléo à Port-à-Piment - Haïti   Sam 21 Sep 2013 - 13:42

Grotte Marie-Jeanne Haïti 18°15'07.62''N 74°05'39.32''W


Durant six semaines, l'équipe de l'expédition intitulée « Anba Macaya, verticales souterraines », va explorer un réseau inconnu de grottes et de rivières souterraines en Haïti. L'enjeu est géologique, géographique, économique et humain, dans une région peu explorée, riche d'une forêt primaire d'altitude. Menés par Olivier Testa, les spéléologues tenteront d'atteindre le point le plus profond de la Caraïbe, de cartographier ce réseau dont on ignore tout... et de raconter leurs aventures et découvertes aux lecteurs de Futura-Sciences. Épisode pilote du feuilleton : on plante le décor.
Les yeux de Marie-Jeanne : un endroit célèbre de la grotte du même nom qui se trouve près de Port-à-Piment, au sud du massif de Macaya, lieu de l'expédition. Dans ce sous-sol karstique, l'eau a creusé un labyrinthe, à peu près inexploré, de galeries, de grottes et de rivières souterraines. © Jean-François Fabriol



Ils sont 7, âgés de 28 à 63 ans, à se préparer à descendre sous terre tous les jours pour cartographier jusqu’à son plus profond un petit coin de la Terre encore très mal connu. Il se trouve en Haïti, à l’extrémité ouest de l’île Hispaniola, sur le haut plateau de Formon. Là, dans ce qui est devenu le parc Macaya, au cœur du massif et au pied du pic éponymes, se trouve l’une des dernières forêts primaires du pays.
« Elle est préservée parce qu’elle se trouve en altitude et qu'elle est protégée par une situation géographique difficile », nous explique Olivier Testa, responsable de l’exploration spéléologique. Nos lecteurs le connaissent pour nous avoir fait découvrir les grottes sacrées de l’Ouest Cameroun ainsi… que des crocodiles orange.

Le massif Macaya, où a lieu l'expédition, se trouve sur la pointe ouest de l'île Hispaniola, en Haïti. L'équipe s'est installée sur le plateau Formon, entre 1.000 et 1.500 m d'altitude et cherchera des puits verticaux pour accéder au réseau de grottes et de galeries. Les noms visibles ici (cliquer sur l'image pour mieux les lire) ne sont pas mentionnés par Google Earth et ont été ajoutés par l'équipe. © Expédition Anba Macaya, verticales souterraines, Google Earth
Vers le record de profondeur de la Caraïbe ?
L’expédition débutera ce 21 septembre et s’achèvera 6 semaines plus tard, le 1er novembre. L’équipe espère bien que ce temps lui suffira pour démêler l’écheveau de galeries et de grottes qui, à coup sûr, traverse ce massif calcaire. Le nom de l’expédition, Anba Macaya, signifie d’ailleurs « dans les profondeurs de Macaya » en haïtien. Les spéléologues comptent même atteindre le point le plus profond de la Caraïbe, au-delà de mille mètres de profondeur sous la surface du sol. L’idée est de tenter d’accéder par l'intérieur du massif à la résurgence de ces eaux, repérée sur des images satellite.
L’équipe de spéléologues partira du plateau Formon et y cartographiera les puits d’accès vers le réseau souterrain, mais recherchera également les entrées sur le flanc du plateau, pour des accès horizontaux. Si le titre de l’expédition se termine par « verticales souterraines », c’est cependant parce que l’essentiel du travail se fera dans les puits. « Ce sera une expédition sportive, commente Olivier Testa. Nous amenons un kilomètre de cordes pour pénétrer par les grands puits. Les entrées horizontales, nous ne les atteindrons qu’ensuite. »

L’équipe presque au complet dans la grotte Favot, lors d’un entraînement dans le Vercors, en juin 2013. Debout derrière (de gauche à droite), Matthieu Thomas et Marie-Pierre Lalaude-Labayle ; accroupis (de gauche à droite), Stéphanie Jagou, Pascal Orchampt et Olivier Testa. Manquent Anne-Sophie Brieuc et Jean-François Fabriol. © Olivier Testa
Trouver le chemin de l'eau en Haïti
En plus de cet objectif géologique, l’expédition a d’autres buts. La responsable à l’initiative de l’expédition, Marie-Pierre Lalaude-Labayle, n’est d’ailleurs pas spéléologue mais spécialiste en ingénierie de l’eau. La question de l’eau est en effet l'une des préoccupations majeures pour cette région, dans laquelle les habitants voient les pluies s'infiltrer dans le sol sans créer de rivières.
Il s’agit aussi de valoriser cette belle région, dans un pays qui a beaucoup souffert et qui a vu le tourisme s’écrouler en raison de l'instabilité politique d’Haïti. « C’est un milieu karstique dans lequel se trouvent de nombreuses grottes, explique Olivier Testa. Quelques-unes sont déjà gérées par le ministère du Tourisme et commencent à être connues. »

Coulée de calcite et gours (les blocs de concrétions) dans la grotte Marie-Louise Boumba en Haïti, en février 2013. © Jean-François Fabriol
Au cœur d'une île mal connue
« Il s’agit pour nous de réaliser un inventaire de ces ressources et de ces possibilités. C’est vraiment un territoire méconnu et nous ne savons pas exactement ce que nous allons trouver. Il est bien possible, par exemple, que nos découvertes intéressent les paléontologues, car il arrive que des animaux tombent dans ces trous, au fond desquels on remarque souvent des squelettes. Il peut aussi y avoir des objets faits de main d’Homme et jetés là. »
L'ingénieur spéléologue rappelle que l’histoire précolombienne de l’île est encore peu précise. Après l’arrivée de Christophe Colomb, les indiens Taïnos ont été exterminés. Et bien avant, quand ils se sont installés sur Hispaniola, ces Indiens avaient décimé les grands animaux et, peut-être, les populations humaines qui s’y trouvaient déjà et dont on sait peu de choses.
C’est cette expédition géologique et humaine, aux aspects multiples, que Futura-Sciences vous invite à suivre dans les prochaines semaines. Les membres de l’équipe nous expliqueront leur progression, leurs découvertes et leur vie entre ciel et terre.
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MessageSujet: Re: Anba Macaya : une épopée spéléo à Port-à-Piment - Haïti   Sam 21 Sep 2013 - 20:25

21.09.2013        20:21:32

Une très belle expédition à suivre. 
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willy80
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MessageSujet: Anba Macaya la suite   Mer 2 Oct 2013 - 13:42

Anba Macaya : les premières images dans les grottes d'Haïti

Depuis une semaine, les six spéléologues de l'expédition « Anba Macaya, verticales souterraines » sont à pied d'œuvre à l'extrême ouest d'Haïti, dans un terrain peu connu. Partie pour cartographier le réseau d'eaux souterraines, l'expédition se heurte à des cartes imprécises... et à des grottes obstruées. Heureusement, les habitants jouent les guides, et l'exploration a commencé. En liaison exclusive avec Futura-Sciences, ils nous font partager l'aventure en images !


Après une semaine à arpenter le plateau de Formon, en Haïti, la mission Anba Macaya nous a transmis les images des premières grottes explorées et les six spéléologues nous ont confié leurs « premiers doutes ». Marie-Pierre Lalaude-Labayle, chef d'expédition, nous donne ses impressions. « Nous observons que de nombreuses cavités ont été bouchées par la population qui y place des roches, afin d'éviter que les bêtes ne tombent à l'intérieur. Nous ne pensions pas que ce serait aussi fréquent et nous pensions trouver plus facilement des gouffres à potentiel. »
Guidés par les paysans haïtiens, les explorateurs parcourent chaque jour les pistes qui serpentent à travers le plateau, à la recherche d'entrées de gouffres. Les habitants connaissent tous de nombreux trous, souvent appelés « grands fonds », car personne ne peut y descendre.

La ravine Casse-Cou à la sortie d'un canyon est impraticable sans cordes. Le relief est plus tourmenté que ce qu'annonçaient les cartes... © Olivier Testa
Un karst tropical typique
« Alors qu'au vu des cartes, je m'attendais à un plateau au relief relativement monotone et à une végétation ouverte, nous avons eu la surprise, lors de notre arrivée, d'observer un relief très accidenté », rapporte Olivier Testa, responsable de l'exploration spéléologique.
Il poursuit : « Sur le massif de Macaya, nous sommes en présence d'un karst tropical typique avec des centaines de pitons, et des dolines qui peuvent aller jusqu'à plusieurs centaines de mètres de diamètre. Le tout est recouvert d'une forêt de pierres de type "Tsingy", appelée ici Kase Dan (Cassé-Dents) et d'une végétation difficilement pénétrable. »

La résurgence du plateau de Formon. À droite, la rivière principale avec un débit de 50 l/s. Au fond, la grotte d'où sort plus de 1.000 l/s. © Olivier Testa
La résurgence du massif a pu être instrumentée
Après cette première semaine de reconnaissance du massif, l'équipe a pointé au GPS et descendu une vingtaine de gouffres jusqu'alors vierges, mais peu profonds. Le trou Zombi, un gouffre déjà connu et s'ouvrant par une verticale de 95 m, est malheureusement comblé et ne débouche pas sur les galeries horizontales espérées.
L'équipe a également atteint la résurgence du massif, à une dizaine de kilomètres de marche du camp de base. Elle semble débiter plus d'un mètre cube d'eau par seconde. « Nous l'avons instrumentée à l'aide de sondes de pression, explique Olivier Testa. Les mesures nous permettront de connaître les débits d'eau de la résurgence. En corrélant ces données avec les précipitations que nous allons observer, nous aurons un bon indicateur du mode d'écoulement des eaux dans le karst, et donc de la morphologie des grottes à l'intérieur du massif. Par ailleurs, nous avons pu observer au loin la sortie d'un canyon dans la ravine Casse-Cou. Cela fera l'objet de l'une de nos futures explorations. »
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la suite pour bientôt Wink 
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willy80
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MessageSujet: Re: Anba Macaya : une épopée spéléo à Port-à-Piment - Haïti   Jeu 14 Nov 2013 - 10:13

Anba Macaya/5 : les merveilles inconnues des grottes haïtiennes
Au dernier moment, les spéléologues de l'expédition en Haïti ont découvert quelques passages d'eau horizontaux, promesses de rivières souterraines. Face à un massif à la géomorphologie plus complexe que prévu, l'équipe a exploré 92 gouffres et cartographié une région avec un canyon jusque-là inconnu. Olivier Testa nous dresse un premier bilan, et conclut... qu'il faudra revenir.

La première verticale à travers le calcaire tout en courbes du canyon Casse-cou. © Jean-François Fabriol

L'expédition Anba Macaya, Verticales souterraines, est terminée. Riche en surprises et en émotion, cette exploration, menée par six spéléologues, a parcouru le massif karstique de Macaya, en Haïti, à l'ouest de l'île d'Hispaniola. L'objectif était d'établir la topographie des cheminements d'eau sous la forêt tropicale du plateau Formon, dans le parc national de Macaya. Grâce à la collaboration de l'équipe et à des liaisons Internet parfois suffisantes, Futura-Sciences a pu vous faire vivre cette aventure de l'intérieur. Après le retour de l'équipe, nous laissons la parole à Olivier Testa pour raconter les dernières péripéties, avec notamment la découverte – enfin – de passages d'eau horizontaux.
Pour la dernière semaine de l'expédition, nous nous sommes déplacés au nord du massif de Macaya en guise de reconnaissance pour l'avenir. Juste avant le départ de Formon, nous avons fait la découverte du canyon de la ravine Casse-cou. Cette rivière borde le versant oriental du plateau de Formon. Elle ne coule qu'après de fortes pluies et s'assèche ensuite. Lors des prospections, il avait semblé aux spéléologues, au loin, que le cours de la rivière disparaissait, peut-être sous terre.
Partant avec nos cordes, comme à l'accoutumée, pour suivre la ravine, nous avons réalisé qu'au lieu de s'engouffrer dans un parcours souterrain, la rivière a creusé un canyon tout en courbes qui nous a laissés bouche bée. La rivière s'est enfoncée par endroit sur 70 m, et le parcours se fait dans un étroit goulet de 3 à 5 m de large avec des parois abruptes, sur un kilomètre de long.

s abruptes, sur un kilomètre de long.

Marie-Pierre Lalaude-Labayle, chef de l'expédition, dans une des grottes de Duchity. © Jean-François Fabriol

Canyon inconnu
Sur le parcours, cascades, toboggans et ressauts s'enchaînent dans un parcours ludique qui n'avait selon toute vraisemblance jamais été visité. En effet, aux deux extrémités du canyon, deux verticales en barrent l'accès. Les autorités du parc ignoraient l'existence de ce canyon et ont dépêché une équipe que nos spéléologues ont accompagnée. « Je n'ai jamais rien vu de tel en Haïti, raconte l'assistant technique pour le développement du parc de Macaya. C'est gigantesque, c'est magnifique. »
Lors de l’exploration sur le versant nord du parc, à côté de Duchity, pour la dernière semaine, ce sont enfin des grottes horizontales qui se sont offertes. En remontant le cours des rivières, plusieurs résurgences, pénétrables celles-ci, ont pu être parcourues et topographiées. « Nous avons remonté les rivières souterraines en nageant, raconte Pascal Orchampt. J'avais de l'eau jusqu'au cou et le casque qui frottait contre le plafond. Que c'était bas ! Le matériel topo flottait à côté de moi dans un sac étanche, et j'ai pu topographier 260 m de rivière avec Jean-Francois. Nous avons fait demi-tour faute de temps, mais la rivière continue ! »

Les milieux tropicaux, par la grande dissolution calcaire des eaux, sont propices à la formation de concrétions. © Jean-François Fabriol
Les surprises du massif de Macaya
Après le retour en France, l'heure est au premier bilan. L'expédition spéléologique que nous avons menée avait pour objectif de traverser le massif de Macaya par l'intérieur. Les cartes, la géomorphologie et la géologie connues avant l'expédition nous donnaient bon espoir d'atteindre cet objectif.
Nous avons exploré 95 gouffres au cours de l'expédition, et tous sont bouchés par des éboulis. La géologie réelle du massif est plus complexe que les géologues le pensaient jusqu'à présent, avec probablement un étage calcaire inférieur invisible. L'exploration spéléologique est pleine d'incertitudes, car on part à la recherche de grottes, par nature cachées. C'est aussi ce qui donne le piment à l'exploration et à la découverte de grands gouffres. Si on trouvait à chaque fois, nous n'aurions plus l'adrénaline de la découverte...
J'avais décidé avec Marie-Pierre Lalaude-Labayle de mener cette expédition à la saison des pluies. Original pour une expédition spéléo, quand on connaît les dangers que peut avoir une crue en spéléologie... Je voulais voir comment se comporte le karst lorsqu'il est gorgé d'eau, et ses réactions aux orages. Les pluies torrentielles nous ont bloqués plusieurs jours au cours de l'expédition, mais je suis très content de ce choix. En effet, voir des rivières à sec en cette saison ou des résurgences taries nous a beaucoup appris.

Un anoli, Anolis ricordi, tombé par malchance et trouvé au fond d'un gouffre. Ces cavités sont des pièges pour les animaux, domestiques et sauvages. De nombreux ossements ont été retrouvés dans les cavités explorées. © Olivier Testa
Prochaine mission : où l'eau passe-t-elle ?
Après six semaines isolés de tout, six semaines loin de la vie moderne (Internet, électricité à la prise, eau courante, voitures et bruits de la ville), les membres de l'expédition sont rentrés en France. Le retour à la « civilisation » n'est pas facile, mais nous rêvons de retourner sur Macaya, pour explorer le reste du massif.
La découverte des rivières souterraines, la dernière semaine, nous a redonné de l'espoir. Nous espérons bien revenir aussi pour plonger dans la résurgence. Logistiquement, ce sera difficile, mais la question demeure : par où passe l'eau, et existe-t-il un collecteur à l'intérieur du massif ? D'ici là, il faut mettre au propre les données topographiques et cartographiques, analyser les enregistrements pris par les sondes placées dans la résurgence, identifier les ossements trouvés au fond des gouffres, et compiler toutes les données. 
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patrice
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MessageSujet: Re: Anba Macaya : une épopée spéléo à Port-à-Piment - Haïti   Jeu 14 Nov 2013 - 12:50



Très interressant ce reportage MERCI
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MessageSujet: Re: Anba Macaya : une épopée spéléo à Port-à-Piment - Haïti   

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